2021-12-09
Artsiom Baïarski.

Le 9 décembre dernier, Artsiom Baïarski, 20 ans, prisonnier politique originaire de Hrodna qui est accusé d’avoir dirigé une « formation extrémiste », a été condamné à cinq ans de détention dans une colonie pénitentiaire de régime général. L’audience s’est déroulée à huis clos, mais on sait que l’affaire concerne l’administration des chaînes de l’opposition sur Telegram.

Artsiom Baïarski était étudiant en deuxième année de chimie à l’Université d’État du Bélarus et quatre fois boursier du Fonds présidentiel pour le soutien des jeunes talents ; son rêve était de trouver des remèdes contre des maladies incurables. En août 2020, il a, comme de nombreux autres étudiants, refusé sa bourse présidentielle. Il a été arrêté une première fois il y a un an, après une marche de protestation, et a été condamné à 15 jours de prison. C’est alors qu’il a raconté avoir été insulté, menacé et tabassé sur le chemin du commissariat de police. Suite à son arrestation il a été expulsé de l’Université.

Ensuite, il a été de nouveau arrêté en mars 2021. Pour obtenir une vidéo de confession de sa part, on l’a battu à coups de matraque. Comme dans d’autres affaires similaires, les autorités ont refusé d’ouvrir une enquête pénale sur le fait de passage à tabac.

En novembre 2021, 47 membres de l’Académie des sciences russe ont signé une lettre ouverte exprimant leur soutien à Artsiom Baïarski et demandant sa libération. En septembre 2021, il avait été admis au programme de licence en biotechnologie à l’Université de Vitautas le Grand à Kaunas. Il pourra poursuivre ses études après sa libération.

Artsiom a accueilli son verdict avec dignité : il a eu le temps de dire que « le Bélarus sera tout de même un pays normal un jour ».