2022-08-14
Pavel Sapelka. Photo : Belsat

Il y a deux ans, le 9 août 2020, les résultats de l’élection présidentielle bélarussienne ont été truqués. Cette date marque le point de non-retour dans l’histoire du Bélarus moderne. Les chiffres à l’appui, Viasna décrit la situation catastrophique des droits humains au Bélarus, et le défenseur des droits humains Pavel Sapelka en fait son commentaire en appelant à informer les défenseurs des droits humains des répressions politiques :

Le 9 août restera longtemps une date mémorable. C’était un jour marqué d’espoir et de douleur, le jour où les adeptes de la démocratie ont voté pour un avenir meilleur et contre la dictature, alors que les supporters du modèle totalitaire se sont mis à entourer d’un barbelé l’édifice déjà enchaîné et fragilisé de notre Nation.

Selon les informations du centre de défense des droits humains Viasna, deux ans après la présidentielle bélarussienne le nombre de prisonniers politiques a été multiplié par près de 50 : 1262 personnes restent actuellement derrière les barreaux pour des motifs politiques. Jusqu’à présent, les affaires d’Aliaksandr Taraïkoùski, Hennadz Choutaù, Aliaksandr Vikhor, Raman Bandarenka, Vitold Achourak n’ont pas fait l’objet d’enquêtes et les responsables de leur mort n’ont pas été traduits en justice.

Les prisonniers politiques pris en otage par les autorités ne sont pas les seules victimes au sein de la société civile. Des milliers de personnes contraintes de quitter le pays sous la menace d’emprisonnement arbitraire ou de torture sont désormais contraintes de reconstruire leur vie. Des centaines d’organisations liquidées ont été priveés de la possibilité de compenser ce que l’État ne pouvait ou ne voulait pas donner à ses citoyens. Tout cela affectera la société d’une manière ou d’une autre.

Sept collaborateurs du centre de défense des droits humains Viasna sont toujours derrière les barreaux en raison de leur position intransigeante et de leur désaccord avec les autorités. Parmi eux, le président de Viasna Ales Bialiatski, son adjoint Valiantsine Stefanovitch, l’avocat Uladzimir Labkovitch, la coordinatrice du service des volontaires Marfa Rabkova, le directeur de l’antenne de Homel Leanid Soudalenka et deux bénévoles, Tatsiana Lassitsa et Andre­­ï Tchepiuk. Celles et ceux qui ont défendu les droits des Bélarussiens se trouvent désormais eux-mêmes derrière les barreaux.

Sept militants devenus prisonniers politiques, tel est le prix que Viasna a payé pour son travail en faveur des droits humains. Trente journalistes toujours incarcérés et des dizaines relâchés après avoir purgé leur peine, tel est le prix que les médias démocratiques ont payé pour leur droit de rechercher et de diffuser des informations complètes et véridiques.

Le défenseur des droits humains Pavel Sapelka exhorte les Bélarussiens à continuer de rapporter tous les cas connus de représailles :

Même dans cette atmosphère d’intimidation totale, nous demandons aux Bélarussiens de ne pas se taire et de nous signaler tous les cas connus de tortures, de mauvais traitements et d’emprisonnement ou d’autres types de sanctions imposés pour motifs politiques. Car aujourd’hui encore, en intimidant la population avec des vidéos de propagande et en la menaçant de peines d’emprisonnement arbitraires ou disproportionnées, le régime craint toujours la vérité et une évaluation objective et vérifiée de la situation au Bélarus.