2022-06-10
Vital et Uladzislaù Kouznetchyk. Photo : Andreï Strokine, zerkalo.io

Vital Kouznetchyk et son fils Uladzislaù qui, pour échapper à la persécution des autorités, avaient trouvé refuge à l’ambassade de Suède à Minsk pendant plus de 18 mois, ont réussi à s’enfuir du Bélarus pour gagner la Lettonie.

Lors de l’une des marches de protestation de 2020 à Vitsebsk, Uladzislaù a essayé de protéger son père contre la police anti-émeute qui voulait le passer à tabac. Après ces évènements, les Kouznetchyk se sont cachés pendant plusieurs jours, et le 11 septembre, ils se sont présentés à l’ambassade de Suède à Minsk et ont demandé à pouvoir entrer. Ayant essuyé un refus, ils ont escaladé la clôture. Le personnel de l’ambassade leur a donné une chambre, mais leur demande d’asile en Suède n’a pas été acсeptée.

L’avocat Vadzim Drazdoù a saisi en leur nom le Comité des Nations Unies contre la torture (CAT). Le Comité a interdit l’extradition des Kouznetchyk aux autorités bélarussiennes et a déclaré légal leur séjour sur le territoire de l’ambassade. Un an et demi plus tard, le père et le fils ont décidé de tenter une évasion risquée.

Ils ont demandé aux fonctionnaires de l’ambassade de les conduire dans une autre ville pour un examen médical. Au lieu de se soumettre à cet examen, ils se sont rendus, séparément, à la frontière lettone, en changeant de bus et de train. Les derniers kilomètres, ils les ont parcourus à pied, se frayant un chemin au travers des embâcles ou s’enfonçant dans la boue des marais jusqu’aux genoux. À la frontière, les Kouznetchyk ont escaladé la clôture. Ce détail les fait sourire tous les deux : il ne faudrait pas que cela devienne une habitude !

Aujourd’hui, Vital et Uladzislaù vivent dans un centre d’accueil de réfugiés. Le 8 juin, ils ont pu prendre part à une rencontre avec Sviatlana Tsikhanouskaya, venue en Lettonie pour une visite de travail.